Communiqué de presse de la part du comité des forces progressistes cantonales pour le référendum « Pas touche aux salaires minimums ! »

Le Parlement fédéral veut saboter les salaires minimums par voie législative. Avec la votation prochaine sur l’initiative cantonale pour l’instauration d’un salaire minimum, un nombre important de salarié.e.s valaisans pourraient subir cette révision et continuer de vivre dans une grande précarité. Les forces progressistes du canton s’engagent donc avec vigueur pour le référendum contre cette révision législative qui affaiblirait considérablement le salaire minimum qui pourrait être introduit en Valais par un vote démocratique de la population valaisanne.

C’est pour lutter contre la pauvreté malgré le fait d’avoir un travail et garantir ainsi à l’ensemble des salarié.e.s le minimum vital, que plusieurs cantons et villes ont introduit des salaires minimums légaux en tant que mesure de politique sociale. En effet, en Suisse, des dizaines de milliers de personnes travaillent pour des salaires qui suffisent à peine pour vivre. Par ailleurs les salaires minimums évitent aux contribuables d’avoir à subventionner indirectement les employeurs par le biais d’aides sociales lorsque ceux-ci payent des salaires de misère.

Or la majorité des chambres fédérales a voté une révision de la LECCT (Loi fédérale permettant d’étendre le champ d’application de la convention collective de travail) qui sape les salaires minimums cantonaux et communaux. Le Valais est particulièrement concerné puisque nous voterons prochainement sur l’instauration d’un salaire minimum cantonal de 22 frs de l’heure.

Une attaque contre les salarié.e.s les plus précaires, à forte majorité des femmes
La révision implique concrètement que les salaires minimums légaux ne s’appliqueront plus à tous les salarié.e.s des villes ou cantons qui en ont instauré un. Les personnes soumises à une convention collective de travail (CCT) déclarée de force obligatoire seront totalement ou partiellement exclues de la protection ainsi offerte.

Si cette loi devait entrer en vigueur des milliers de salarié.e.s valaisans en grande majorité des femmes actives dans l’hôtellerie-restauration, les salons de coiffure, le nettoyage, etc. se verraient priver de ce salaire minimum à 22 frs de l’heure si celui-ci devait être accepté par la population valaisanne lors d’une prochaine votation.

En se focalisant justement sur les secteurs d’activité les plus précaires, cette révision attaque donc frontalement le cœur du dispositif des salaires minimums qui a justement pour objectif d’augmenter le pouvoir d’achat des personnes les moins bien rémunérées et de leur permettre de vivre ainsi de leur salaire. En s’attaquant à leur rémunération, la majorité des chambres s’attaque également à la dignité de ces personnes qui devraient continuer d’être soutenues par des aides étatiques pour vivre et ce également en Valais.

Si le salaire minimum valaisan devait être accepté en votation populaire, Les salarié.e.s de ce canton concernés par cette révision législative-ci rejoindraient donc la cohorte des salarié.e.s du canton de Genève et de Neuchâtel, sans compter ceux de la ville de Zurich ou Winterthur et du Canton de Vaud et du Tessin, qui se verraient priver totalement ou partiellement d’améliorations salariales pourtant votées démocratiquement. Les personnes qui gagnent peu auraient donc beaucoup à perdre avec cette révision.

Une attaque contre le fédéralisme et la démocratie
Généralement les thuriféraires de cette révision scélérate n’ont que le mot fédéralisme et démocratie directe à la bouche. Or avec cette réforme ils s’assoient sur ces deux grands principes. En effet, en faisant primer une convention collective qui est du ressort du droit privé, sur une décision souveraine et populaire, ils foulent au pied le peuple. Par ailleurs en ne permettant pas aux cantons (ou aux villes) d’appliquer des mesures de politiques sociales qui sont de leur compétence, comme l’a confirmé plusieurs fois le tribunal fédéral, pour, notamment, alléger leurs charges financières, la majorité des élu.e.s fédéraux ont commis un véritable putsch parlementaire auquel le conseil fédéral et tous les cantons, y compris le Valais, sont opposés.

Une attaque contre le véritable partenariat social
Cette révision attaque le vrai partenariat social : les salaires minimums légaux sont une mesure de politique sociale. Ils sont déterminés par des taux d’aide sociale et le coût régional de la vie. Ils combattent la pauvreté et évitent à la collectivité de subventionner les entreprises par le biais de versement d’aides sociales. Ils sont cependant accusés de mettre le partenariat social en péril.

Or, les salaires minimums négociés entre partenaires sociaux dans les CCT sont une chose différente : ils s’appliquent à des corps de métier spécifiques, souvent à l’échelle nationale, tiennent compte de la formation et de l'expérience professionnelle, règlent également les majorations, la compensation du renchérissement, le temps de travail, la formation continue, les vacances ou les contrôles des conditions de travail, etc. Ni les salarié.e.s ni les employeurs ne tiennent à y renoncer. Les retours d’expérience de Genève, de Neuchâtel et du Tessin prouvent qu’aucune CCT n’a disparu à cause d’un salaire minimum cantonal. En fait la majorité parlementaire instrumentalise la notion de partenariat social comme prétexte pour pressurer les salaires des personnes à faible rémunération.

En définitive, la révision de cette loi est une attaque frontale contre les bas salaires, les femmes et l’ensemble des travailleurs et travailleuses. Le travail doit permettre d’en vivre. Toute entorse à ce principe est une entorse à la dignité humaine. C’est pourquoi nous lançons toute nos forces dans ce référendum et pour ne pas dénaturer l’initiative cantonale valaisanne sur les salaires minimums.

Pour plus d’informations :
- Blaise Carron, secrétaire régional d’Unia Valais, député, 079 668 64 57
- Emmanuel Amoos, conseiller national, parti socialiste, 078 607 72 32
- Francine Zufferey, présidente de l’Union syndicale valaisanne (USVs), 079 540 60 18 
- Noémie Moos, secrétaire des Vert.e.s Valais, 079, 948 76 81
- Adrien D'Errico, POPValais-Wallis, 078 868 25 86
- Olivier Cottagnoud, président SAP, 079 202 78 38
- Sylvain Morand, Entremont Autrement, 076 480 61 20

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