Le 14 juin nous voterons sur l’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions », ou « initiative pour la durabilité » comme ose la nommer l’UDC avec un cynisme assumé ! Or cette initiative se fiche comme de l’an 40 de la durabilité de la Suisse, elle entrainerait en revanche irrémédiablement notre pays vers un véritable chaos.
Une attaque frontale contre le monde du travail aux très graves conséquencesCette nouvelle initiative xénophobe de l’UDC constitue une attaque contre l’ensemble des travailleurs, suisses comme étrangers. En remettant en cause la libre circulation des personnes avec l’UE, elle supprimerait le droit de travailler et de s’établir sans discrimination.
Or, cette égalité est essentielle pour lutter contre le dumping salarial et les infractions aux réglementations sociales. Par le passé, le statut de saisonnier permettait d’exploiter une main-d’œuvre étrangère sous-payée, exerçant une pression à la baisse sur les salaires en Suisse.
Grâce à la libre circulation et aux contrôles du marché du travail, ces pratiques sont combattues. En effet, aujourd’hui encore, 30 % des entreprises contrôlées enfreignent les règles, mais elles sont sanctionnées et environ 50 millions de francs sont restitués chaque année aux travailleurs.
Supprimer ces protections reviendrait à favoriser le dumping salarial et le travail au noir avec un impact négatif sur l’ensemble des salarié.e.s. L’initiative de l’UDC vise ainsi à démanteler ces garde-fous et à revenir à un système similaire à celui honteux des saisonniers, notamment en s’attaquant au regroupement familial.
Des milliers d’emplois menacés et une aggravation de la pénurie de personnelCette initiative scélérate aurait également des effets délétères sur les places de travail, en particulier pour les emplois dans le secteur industriel fortement développé en Valais avec plus de 22'000 emplois. En effet avec la résiliation des accords bilatéraux, nos échanges commerciaux avec l’Union européenne serait fortement compromis alors même que le 50% de nos exportations se font en direction de l’UE.
Dans le contexte actuel d'incertitude géopolitique, couper les ponts avec nos principaux partenaires commerciaux serait donc une grave erreur qui mettrait en danger des milliers d'emplois dans l’industrie.
Cette initiative conduirait également à une aggravation de la pénurie de personnel que connaissent déjà de nombreux secteurs d’activité, comme les soins, la logistique, la restauration et la construction par exemple.
Une attaque contre le pouvoir d’achat par une baisse des rentes et une augmentation des primes LAMALCette initiative compromettrait nos rentes et fragiliserait le financement de la LAMAL. En effet, les personnes immigrées versent le 34% des cotisations à l’AVS tout en percevant seulement le 18% de ses prestations. La chute du nombre de personnes actives en parallèle à l‘augmentation du nombre de retraités creuserait donc à terme un trou de 8 milliards dans les caisses de l’AVS !
Par ailleurs, avec une augmentation importante de la part des retraités par rapport à la population résidente, nos rentes LPP seraient réduites de l’ordre de 800 à 2'200 frs par an en fonction de notre âge.
Enfin en se privant de personnes plutôt jeunes et en bonne santé qui versent annuellement en moyenne 2’800 frs de primes en plus que ce que coûtent leurs traitements, l’initiative conduirait également indubitablement à une hausse de nos primes de l’assurance maladie.
Sur la base de cet alarmant constat, il est de notre devoir de nous opposer frontalement à cette initiative, l’une des plus perfides, dangereuses et infames qu’a lancées l’UDC ces dernières années.
Pour plus d’informations :- Blaise Carron, secrétaire régional d’Unia Valais, député, 079 668 64 57- Emmanuel Amoos, conseiller national, parti socialiste, 078 607 72 32- Christophe Clivaz, conseiller national les Vert.e.s, 079 374 51 78- Francine Zufferey, présidente de l’Union syndicale valaisanne (USVs), 079 540 60 18 - Jonathan Darbellay, coprésident d’Entremont Autrement, 079 812 51 63
Syndicat Unia 2026